Retard de règles sans être enceinte : les causes possibles
Test négatif mais toujours pas de règles ? Stress, poids, contraception, SOPK, thyroïde : les causes possibles d'un retard et quand consulter.
Rédigé à partir de sources de santé officielles, citées en bas de page. Mis à jour le .
Un retard de règles sans grossesse est fréquent et le plus souvent sans gravité : un stress, un changement de poids, l'arrêt d'une contraception ou une ovulation simplement plus tardive suffisent à décaler un cycle. Si votre test de grossesse est négatif et que le retard reste de quelques jours, attendre le cycle suivant est raisonnable ; sans règles depuis plus de 3 mois, ou avec d'autres symptômes, il faut consulter.
Voici comment savoir si vous êtes vraiment en retard, les causes possibles, et les critères précis pour prendre rendez-vous.
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D'abord : êtes-vous vraiment en retard ?
Pas forcément. Un cycle se compte du premier jour des règles jusqu'à la veille des règles suivantes, et il n'a rien d'une horloge. Selon les repères de la FIGO (Fédération internationale de gynécologie et d'obstétrique), un cycle normal dure entre 24 et 38 jours (Mayo Clinic Press).
Sa durée peut aussi varier d'un mois à l'autre chez la même personne : jusqu'à 7 jours d'écart entre le cycle le plus court et le plus long entre 26 et 41 ans, et jusqu'à 9 jours avant 26 ans ou après 41 ans. Des règles qui arrivent 4 ou 5 jours après la date « prévue » sont donc souvent un cycle normal, pas un retard.
Quand le retard est réel, il vient presque toujours de la première moitié du cycle. Après l'ovulation, la phase lutéale dure environ 14 jours et reste stable d'un mois à l'autre ; c'est la phase d'avant l'ovulation qui s'allonge ou raccourcit (Elsan). Une ovulation décalée d'une semaine décale les règles d'autant.
C'est pour cela qu'une date unique affichée par une appli est trompeuse. Une estimation honnête des prochaines règles est une fourchette de plusieurs jours.
Écarter une grossesse : quand le test est fiable
Même sous contraception, un test reste la première étape en cas de doute. Le test urinaire vendu en pharmacie détecte l'hormone hCG, qui apparaît environ 10 jours après la fécondation (ameli).
- Quand le faire : à partir du jour où les règles auraient dû arriver, de préférence avec les premières urines du matin, plus concentrées (QuestionSexualité).
- Si vos cycles sont irréguliers : faites-le 3 semaines après le rapport qui pourrait être à l'origine d'une grossesse, puisque la date des règles est incertaine.
- Le test sanguin (dosage de bêta-hCG) est le plus fiable et peut se faire dès 14 jours après le rapport.
Un test négatif fait trop tôt peut être faux. Si les règles ne sont toujours pas là quelques jours plus tard, refaites-en un. Un test positif se confirme par une prise de sang et une consultation.
Les causes possibles d'un retard sans grossesse
Le cycle est piloté par l'hypothalamus et l'hypophyse, deux zones du cerveau qui réagissent à beaucoup de choses. Les causes ci-dessous vont des plus courantes aux plus rares ; seul·e un·e professionnel·le de santé peut dire laquelle vous concerne.
Le stress et les chocs émotionnels
Un stress important ou un événement difficile (décès, séparation, agression) peut retarder l'ovulation, voire la sauter pour un cycle (ameli). Une période d'examens, un déménagement ou une surcharge de travail suffisent parfois à décaler les règles de quelques jours.
Un changement de poids, d'alimentation ou d'activité physique
Une perte de poids rapide, un surpoids ou un entraînement très intense font partie des causes les plus fréquentes (NHS). Chez les sportives d'endurance, c'est la baisse de masse grasse qui met les cycles en pause ; l'Assurance maladie indique qu'une reprise de 2 à 3 kg de masse grasse permet leur retour. Un trouble du comportement alimentaire peut aussi en être la cause : l'absence de règles est alors un signal à prendre au sérieux et à évoquer avec un·e médecin.
L'arrêt ou le changement de contraception
Après l'arrêt de la pilule, il est normal de ne pas avoir ses règles pendant plusieurs semaines, le temps que l'ovulation reprenne (ameli). Certaines contraceptions hormonales (stérilet hormonal, implant, pilule progestative, pilule prise en continu) peuvent espacer ou supprimer les règles sans que ce soit un problème. La pilule du lendemain peut aussi avancer ou retarder les règles qui suivent.
L'allaitement
L'allaitement suspend souvent les règles pendant plusieurs mois (NHS). Leur retour est progressif et les premiers cycles sont souvent irréguliers. Attention : l'ovulation peut revenir avant les premières règles.
Le syndrome des ovaires polykystiques (SOPK)
Le SOPK concerne 6 à 13 % des femmes en âge d'avoir des enfants (ameli) et se traduit souvent par des cycles de plus de 35 à 40 jours (ameli). Il s'accompagne parfois d'acné, d'une pilosité plus marquée ou d'une prise de poids. Des retards qui se répètent méritent d'en parler, car le diagnostic se fait par un bilan médical.
Un déséquilibre de la thyroïde ou de la prolactine
Une thyroïde qui fonctionne trop ou pas assez peut dérégler les cycles (NHS). Un taux élevé de prolactine, l'hormone de la lactation, bloque aussi l'ovulation. Il peut venir d'un adénome de l'hypophyse (une tumeur bénigne) ou de certains médicaments : antidépresseurs, neuroleptiques, corticoïdes (ameli). N'arrêtez pas un traitement sans avis médical.
L'âge : les premières années et la périménopause
Les cycles sont souvent irréguliers dans les années qui suivent les premières règles, puis de nouveau à l'approche de la ménopause. La périménopause commence en général entre 45 et 55 ans (NHS). Avant 40 ans, des règles qui s'arrêtent peuvent signaler une insuffisance ovarienne précoce, rare mais à dépister.
Plus rarement
- Une maladie chronique comme le diabète ou une maladie cardiaque (NHS).
- Des adhérences dans l'utérus (synéchies) après un curetage ou une IVG instrumentale, ou un rétrécissement du col après une conisation (ameli).
- Des suites de chimiothérapie ou de radiothérapie.
Quand consulter
Un retard isolé de quelques jours, avec un test négatif et sans autre symptôme, ne justifie pas de rendez-vous. Voici les situations où il faut en prendre un, de la plus urgente à la moins urgente.
Très rapidement, aux urgences ou en appelant le 15 : si votre test est positif ou si vous pensez être enceinte, et que vous avez une douleur dans le bas-ventre, souvent d'un seul côté, ou des saignements peu abondants et noirâtres. Ce sont les signes possibles d'une grossesse extra-utérine, qui doit être prise en charge sans attendre (ameli).
Dans les semaines qui viennent, chez votre médecin, une sage-femme ou un·e gynécologue :
- vous n'avez pas eu vos règles depuis plus de 3 mois alors que vos cycles étaient réguliers (ameli) ;
- vos cycles, jusque-là réguliers, sont devenus irréguliers (NHS) ;
- le retard s'accompagne d'autres signes : prise ou perte de poids inexpliquée, grande fatigue, poils nouveaux sur le visage, peau très grasse ou très sèche, écoulement de lait en dehors de l'allaitement ;
- vous avez moins de 40 ans et vos règles se sont arrêtées ;
- vous avez un projet de grossesse et vos cycles sont longs ou imprévisibles ;
- votre adolescente n'a pas encore eu ses règles à 16 ans.
Lors de la consultation, le ou la professionnelle vous examine et peut prescrire un dosage de bêta-hCG, un bilan hormonal (FSH, LH, estradiol, prolactine, testostérone selon les signes) et une échographie pelvienne (ameli). Prendre la pilule pour « faire revenir » les règles n'est pas une solution : elle masque la cause sans la traiter.
En attendant : notez, puis comparez
Le meilleur moyen de savoir si un retard est inhabituel, c'est de connaître vos propres cycles. Trois habitudes suffisent :
- Notez le premier jour de chaque règles. Après 3 à 6 cycles, vous voyez votre durée moyenne et votre écart normal d'un mois à l'autre : l'outil Durée moyenne du cycle fait le calcul pour vous.
- Notez ce qui sort de l'ordinaire : un stress, une maladie, un voyage, un changement de traitement ou de contraception. Un retard s'explique souvent après coup.
- Apportez ces notes en consultation. Des dates précises font gagner du temps au diagnostic.
Faites le point sur votre retard. L'outil Retard de règles compte les jours de retard avec leur marge d'erreur. Pour suivre vos cycles dans la durée, le carnet Ragnagnas garde tout, chiffré, sur votre appareil. Calculer mon retard de règles
Sources
- Assurance maladie, Qu'est-ce qu'une aménorrhée et quand faut-il s'inquiéter ?
- Assurance maladie, Aménorrhée secondaire : quelles causes ?
- Assurance maladie, Consultation et bilan médical en cas d'absence de règles
- Assurance maladie, Comprendre le syndrome des ovaires polykystiques
- Assurance maladie, Symptômes, diagnostic et évolution du SOPK
- Assurance maladie, Grossesse extra-utérine
- NHS, Stopped or missed periods
- Mayo Clinic Press, Is my period "normal"? (repères FIGO)
- Elsan, Phase lutéale : définition, durée et symptômes
- Santé publique France, QuestionSexualité : comment savoir si vous êtes enceinte
Cet article informe ; il ne remplace pas l'avis d'un·e professionnel·le de santé.